1Guerre de 40-45

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La Campagne des 18 Jours
Sunday, February 13, 2022 7:40 AM

Le 10 mai 1940, après des mois de menace latente, l’armée allemande a envahi la Belgique. Après un peu plus de vingt ans de paix, une nouvelle guerre faisait rage dans nos contrées.  Malgré une longue mobilisation et une armée d’une capacité sans précédent, une tâche ardue nous attendait. Très vite, les Allemands ont brisé les lignes de défense et avec leur ‘Blitzkrieg’, ils infligeaient défaite après défaite aux Belges et aux alliés. Après la chute des forts et des différentes lignes intérieures, il y avait un retrait vers l’ancien champ de bataille en Flandre-Occidentale, mais il était impossible d’arrêter le bulldozer allemand. Le 28 mai 1940, notre pays a capitulé et devenait un territoire occupé pendant cinq ans. Pas moins de 6.000 militaires belges ont perdu la vie dans cette bataille et des centaines de mille d’eux étaient emmenés dans des camps de guerre, où encore 1.700 hommes sont décédés.

trois mille soldats belges
Sunday, February 6, 2022 8:13 AM

En quelques jours, périrent trois mille soldats belges et un nombre mal connu d'Allemands (de 1 500 à plus de 3 000). Le combat de Vinkt fit, à lui seul, plus de 150 morts et 1 500 blessés chez les Allemands le 27 mai en plus des pertes qu'ils encoururent dans les autres secteurs. Même si, au bout du troisième jour, les Belges n'avaient reculé que sur quelques kilomètres, cela suffisait pour que le maintien de la ligne de front apparaisse définitivement compromis en l'absence d'une réserve belge ou alliée. C'est alors que le roi Léopold III décida de capituler devant la non assistance de l'armée anglaise qui abandonnait l'aile droite belge pour faire retraite vers Dunkerque sans que rien soit prévu pour embarquer au moins une partie des forces belges. Le roi prévint les Anglais par l'intermédiaire de l'officier de liaison lord Keyes et les Français par des messages radios captés par leurs services d'écoute2,3.

Sunday, February 6, 2022 7:45 AM

kwlinie.be

 La ligne se composait de plus de 400 bunkers et traversait directement la Belgique, de Koningshooikt à Wavre. D'où le nom de ligne KW.Carte schématique de la ligne KW

La campagne des 18 jours ou la bataille de Belgique est l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale

 

700 000 hommes sont répartis le long d'un arc de cercle qui s'étend de l'Escaut à l'Ardenne sur 500 kilomètres.

Les troupes belges prennent position dans une tranchée en 1940

L'armée belge se compose alors de :

  • 6 divisions actives d'infanterie;
  • 6 divisions d'infanterie de première réserve;
  • 6 divisions d'infanterie de deuxième réserve;
  • 2 divisions de Chasseurs ardennais, dont une division motorisée;
  • 2 divisions de cavalerie motorisée;
  • 26 régiments d'artillerie d'armée;
  • 1 brigade de cyclistes frontière;
  • 1 brigade de cavalerie portée;
  • 2 régiments légers de gendarmerie;
  • 3 régiments d'aéronautique;
  • 2 régiments de défense terrestre contre avions.

la ligne KW jalonnée de barrières Cointet et s'étendant d'Anvers à Wavre où l'armée belge pourrait faire face avec les Alliés franco-britannique.

 

La ligne KW (en néerlandais KW-stelling ou KW-linie) était une barrière anti-char belge installée entre Koningshooikt et Wavre (d'où le nom KW) conçue comme un moyen de défense contre l'invasion allemande dans le centre de la Belgique, au début de la Seconde Guerre mondiale. La ligne KW fut construite entre septembre 1939 et mai 1940 principalement le long de la Dyle, sur ordre du ministère de la Défense belge. Les fortifications consistaient en une série de bunkers de combat, de bunkers de communications, de fossés antichars et de structures en acier (élément Cointet, tétraèdres et barres de fer). Elle était connue chez les Alliés sous le nom de Ligne de la Dyle et chez les Allemands sous le nom de Mur de fer. La ligne formait, avec la ceinture fortifiée de Liège et le réduit national d'Anvers, le noyau de la défense belge jusqu'en 1940.

Bataille de la Lys (1940)

La bataille de la Lys est la plus importante bataille de l’armée belge en 1940 pendant la campagne des 18 jours. Elle avait pour enjeu d'interdire le franchissement de la Lys par l'armée allemande et dura du 23 au 28 mai 1940, alors que les troupes britanniques abandonnaient à la droite de l'armée belge pour rembarquer à Dunkerque sans que rien soit prévu pour sauver une partie des troupes belges. L'issue fatale de la bataille fut la reddition belge du 28 mai.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Lys_(1940)

Description de cette image, également commentée ci-après

Les prisonniers

La plupart des prisonniers de guerre belges furent capturés par les Allemands après la capitulation (250 000 sur les 600 000 hommes de l’armée belge effectivement engagés, d’autres ayant déjà fui en France, d'autres encore se soustrayant aux Allemands en profitant de la pagaille résultant de l'effondrement militaire et de la présence de millions de réfugiés en situation précaire sous les bombardements allemands. Mais on estime à 50 000 le nombre de soldats belges faits prisonniers dans les combats proprement dits, soit en Ardenne, soit sur le Canal Albert, soit sur la Lys, principalement. Une partie des soldats capturés à la bataille de la Lys ou peu avant son déclenchement le furent à la suite de redditions volontaires, soit à Gand le 23 mai (de 8 à 10 000 hommes selon les sources, appartenant surtout à la 16e DI), soit à Deinze (la dizaine de milliers d’hommes de la 4e division).

Dunkerque

Pendant les deux derniers jours de la bataille la Luftwaffe garda la maîtrise des airs, mais cette armée de l’air allemande fut moins efficace que pendant les premières semaines de la campagne, et cela pour deux raisons : 1) Dunkerque était plus éloigné des bases de la Luftwaffe que le théâtre des opérations précédentes; 2) l’aviation britannique était, elle, au contraire, plus proche de ses bases de départ en Angleterre, ce qui exigeait moins de carburant que pour l'aviation allemande basée à Bruxelles et plus loin encore.

À première vue, il apparaît, selon des commentaires anglais, que le flanc gauche des troupes britanniques en train de commencer les opérations de rembarquement à la bataille de Dunkerque fut privé de la protection de l'armée belge. Mais cette situation résulte, au contraire, de la retraite anglaise, comme le révèle clairement l'amiral anglais Lord Keyes dans ses mémoires 17: l'ordre de retraite générale de l'armée anglaise intimé depuis Londres à lord Gort général en chef anglais, ne fut pas communiqué tout de suite à l'état-major belge. Le résultat fut de laisser l'armée belge à découvert sur son flanc droit. Cette situation engendra l'impression d'un abandon, voire d'une trahison chez les Belges. De là la décision de cesser les combats, d'autant plus que les munitions commençaient à manquer. Communication en sera faite par radio au général Blanchard de l'armée française du nord, comme le démontre le Colonel Remy qui relève l'enregistrement des messages radios belges au service d'écoute français du colonel Thiery18, le roi Léopold III ayant également prévenu le roi d'Angleterre par un courrier spécial confié à l'attaché militaire anglais lord Keyes19. D'autre part, les soldats français combattant avec les Belges seront transportés par des camions belges vers Dunkerque afin de les soustraire à la captivité qui s'annonce. Il n'existe pas de trace que le général français Blanchard ait communiqué à l'état-major du général en chef français Weygand qu'il était au courant de l'imminence de l'effondrement de l'armée belge, aussi le premier ministre français Paul Reynaud n'en sut-il rien et lança-t-il l'accusation de la trahison du roi Léopold pour n'avoir, soi-disant, prévenu personne.

Les troupes britanniques et des troupes françaises tinrent encore jusqu'au 4 juin le périmètre autour de Dunkerque, donc longtemps après la capitulation de l'armée belge. Cette situation aurait autorisé l'espoir que l'on eut pu sauver une partie de l'armée belge si elle avait continué le combat jusqu'à Dunkerque. C'est, en tout cas, l'opinion d'Henri Bernard, professeur honoraire à l'École royale militaire de Bruxelles15.

la Lys, Courtrai ,Wielsbeke

Sur la Lys, en amont de Courtrai et en aval jusqu’à l’est de Wielsbeke

C’est à cet endroit du front belge que les combats furent au départ les plus violents et le plus d’hommes engagés. Les troupes allemandes entrent en contact avec l’armée belge le 23 mai (premiers bombardements d’artillerie). En amont de Courtrai se tiennent la 1re division de ligne (d’active) et la 3e division (d’active aussi). En aval de Courtrai se tient la 8e DI (1re réserve) et la 2e division de chasseurs ardennais (1re réserve). Contre ces quatre divisions les Allemands lancent huit divisions5. Une division compte en principe 17 000 hommes, soit 3 régiments (un régiment compte 4 000 hommes), 1 régiment d'artillerie (4 000 hommes également) et 1 bataillon (1 000 hommes) du génie.

La 1re division de l'armée belge est submergée le 24 et la 3e division doit se retirer le 24 au soir. Un monument à Kuurne, non loin de Courtrai, célèbre cette unité et, en particulier, le 12e régiment de ligne dont un des officiers supérieurs est Francis Walder, futur prix Goncourt, qui en relatera les péripéties. Les historiens flamands se sont attachés, eux aussi, à narrer les hauts faits de la bataille, dont celui de Kuurne: hadden onze soldaten geweten dat ze, met twee povere divisies, de mokerslagen van vijf zegeroes verkerende Wehrmacht divisionen zouden moeten opvangen dan was de moed hen zeker in de schoenen gezonken. (tr.fr. Si nos soldats avaient su qu'avec deux pauvres divisions, ils allaient recevoir le coup de massue de cinq divisions de la Wehrmacht marchant enivrées par la victoire, leur courage se serait enfoncé dans leurs chaussures.6 Soixante ans plus tard, l'héroïsme de ces régiments est encore célébré : De Waalse regimenten die hier aan de Leie dapper vochten spreken dan ook vaak en terecht over "La Lys Sanglante"] (Tr.fr. Les régiments wallons qui se battirent ici, à la Lys, avec vaillance, parlent souvent et à juste titre de "la Lys sanglante"7).

Une attaque lancée par les Allemands contre la 8e division échoue le 25 mai8. Le lendemain les divisions allemandes attaquent en force la 8e DI qui recule de quelques centaines de mètres à partir de la rive ouest de la Lys. Au soir du 26 mai une contre-attaque du major Leclercq, avec des éléments épars de la 8e DI repousse les Allemands sur la rive droite du Canal de Roulers-Courtrai9. Mais ces troupes (de la 8e division) sont arrivées à la limite de leurs possibilités de résistance. Le major Leclercq est tué et la contre-attaque repoussée.

Les trois divisions malmenées (1re, 3e et 8e), sont relevées par la 10e division (1re réserve) commandée par le général Pire. Le futur chef de l’armée secrète belge tient la ligne Ledegem-Izegem (un peu en retrait de la Lys)10. À la 10e DI s’ajoute également la 9e DI (1re réserve), la 2e division de cavalerie venue de la frontière avec la Hollande11, la 15e division (division de deuxième réserve mais dont la combativité sera efficace), des éléments de la 6e DI (d’active), soit, selon Henri Bernard ‘’le tiers de l’armée belge’’ encore à même de combattre. La 9e division et la 10e division se tiennent à partir du 25 mai sur la rive droite du canal de Roulers à la Lys (qui rejoint la Lys un peu au-dessous de Wielsbeke).

De Wielsbeke à Deinze et Nevele

La résistance de la 2e division de Chasseurs ardennais (1re réserve) à gauche des positions de la 8e DI est efficace dans un premier temps : le 396e régiment d’infanterie allemand notamment est repoussé. Plus au nord, la 1re division de chasseurs ardennais (d’active et entièrement motorisée), contre-attaque le 25 mai à la suite de l’effondrement de la 4e DI postée au nord de Deinze (cette fois non sur la Lys mais sur un canal dit ‘’de la dérivation’’ qui joint le cours de la Lys à la mer du Nord, canal qui est aussi, à partir de Deinze, la ligne de front belge presque jusqu'au littoral). Les Allemands passent sur la rive ouest du canal : une poche est créée. Les 1er et le 3e régiments de cette 1re DI de chasseurs ardennais contiennent les régiments allemands et contre-attaquent à plusieurs reprises à Vinkt, rendant impossible la percée du front. Il y a des centaines de morts dans les rangs allemands. Les troupes allemandes, particulièrement celles du 377e régiment d’infanterie, régiment hambourgeois, en proie à la psychose du franc-tireur, fusillent une centaine d’habitants de ce petit village flamand le 27 mai. C’est dans la direction de Deinze à Tielt que s’effectue la percée allemande qui amène la capitulation de l’armée belge le 28 mai.

Nevele à Eeklo

C’est cette partie du dispositif belge qui est le moins sous pression, du moins au départ. Sur cette partie du canal de dérivation, prennent position du sud au nord : la 5e DI (d'active), la 2e DI (d’active), la 11e DI, la 12e DI (divisions de 1re réserve), la 6e DI (d’active) et la 17e DI (2e réserve). Ici, la pression allemande se fait sentir moins fort au départ. D’ailleurs plusieurs unités de la 6e DI font mouvement vers le sud du front belge en direction de Courtrai en vue d’y épauler la résistance efficace des 9e, 10e, 15e DI renforcées par la cavalerie. Le 24 mai, les Allemands parviennent à franchir le Canal de la dérivation et établissent une tête de pont à Ronsele, sur la rive ouest de cette coupure. Une contre-attaque est menée par des éléments de cette 12e DI, notamment son bataillon-cycliste divisionnaire : les Allemands sont repoussés le 25 sur la rive est. Mais le 26 et le 27 la 12e DI disparaît du combat. Le 27 mai, d’autres unités comme le 4e régiment de carabiniers, le 1er régiment de chasseurs à cheval font 100 prisonniers sur le Canal de la dérivation à Knesselare, dans le secteur que tenait la 12e DI.

La reddition

Le front dans sa totalité à la veille de la défaite

Le chef d’état-major de l’armée belge estime que le 27 mai au matin, il existe toujours un front continu face aux Allemands12. Mais constate ensuite que ce front est percé à peu près au milieu dans la direction Deinze-Tielt, et à la fin de l’après-midi : une brèche de 7 km s’est ouverte qu’il semble impossible de colmater. Et cela, d'autant plus que l'armée britannique se retire précipitamment sans que l'État-major belge soit prévenu13. C’est ce qui amène le roi Léopold III à envoyer un plénipotentiaire au général Von Reichenau. Il reviendra dans la soirée porteur des exigences allemandes d’une capitulation sans condition de l’armée ‘’dans sa totalité’’ avec nécessité de livrer passage aux armées allemandes vers la mer. Pour le roi, il s'agit d'une reddition des seules forces au combat à ce moment-là, ce qui n'implique aucune entente politique avec l'Allemagne, au contraire d'un armistice. La reddition sera d'ailleurs signée par le commandant adjoint des forces belges sur le terrain à ce moment-là et il faudra envoyer un ordre spécial de reddition aux forts de l'Est de la Belgique qui résistent toujours, encerclés depuis 18 jours. Cette décision, prise sur un plan militaire strict ne concerne pas le Congo belge et sa Force Publique et n'a donc rien à voir avec un armistice (comme celui que la France va conclure avec l'Allemagne, engageant tout son empire et ses forces armées en totalité avec l'assentiment des parlementaires qui ont porté le maréchal Pétain au pouvoir). La reddition belge du 28 mai n'est donc pas un acte politique qui engagerait l'État en la personne du Roi, de son gouvernement et de la totalité de ses forces dans le monde. Léopold III précise d'ailleurs à l'amiral lord Keyes, attaché militaire anglais, qu'il ne peut s'agir d'un acte politique d'entente avec l'Allemagne

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